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dimanche 23 octobre 2011

Alamo Race Track – Les Trois Baudets (2011)





21 Octobre 2011, Alamo Race Track pose ses valises à Paris pour deux jours. Ce soir-là, Alamo Race Track joue pendant 45 minutes. La salle est remplie de tout le gotha boboïsant de Paris. Surtout, il y avait plus d'invités que de réels spectateurs. Les Trois Baudets, salle confidentielle et hautement subventionnée par la Mairie de Paris, permet de recevoir les héros du Plat Pays en toute confidentialité. Quelques mots glissés aux musiciens avant le concert, accessibles (le néerlandais aidant), et extrêmement sympathiques.

6 ans que j'attendais ça. Les voilà, devant moi. Ralph Mulder, droit comme un I, en impose avec sa longue carcasse. Un constat s'impose: Robin Buijs, qui a remplacé Guy Bours, est le batteur qui manquait au groupe pour passer une étape. Toutes les pièces du puzzle sont assemblées, et Alamo Race Track nous caressent les oreilles avec un sens du rythme rarement vu. Quel plaisir de les voir, après toutes ces années d'adulation silencieuse. L'ambiance intimiste aidant, les instruments ont totalement envouté la salle.

Nos six hollandais sont détendus, et chaque morceau est construit de manière à inclure tous les instruments. Voici que l'on retrouve du marimba sur « Black Cat John Brown », et que deux basses accompagnent le rythme sur « Lindyhop ». Ralph demande au début si le son de la guitare convient. Evidemment que oui, tout est bon dans Alamo. Une certaine tension permet aux Néerlandais de toujours rester alerte. Et puis, quelle musicalité encore et toujours. 6 années de fidèle écoute sont enfin récompensées. Merci à vous, et à la prochaine.

lundi 29 août 2011

Alamo Race Track – Unicorn Loves Deer (2011)



Alamo Race Track est un groupe basé à Amsterdam, et qui reste un des joyaux trop bien cachés de la pop actuelle. On a beau parler constamment de la pop belge, du rock belge, du pop-rock belge, il y a une scène qui existe aussi aux Pays-Bas. Son porte-drapeau reste pour moi Alamo Race Track.
Ils ne réinventent pas la roue, mais sont toujours garants de chansons pop impeccables, sans folie des grandeurs (n'est-ce pas Monsieur Sufjan Stevens?).

En 2007, ils avaient sorti « Black Cat John Brown », chanson reprise un peu partout pour des pubs ou des séries, et qui a pu asseoir leur notoriété. Cet album faisait suite à « Birds at Home », excellent album de pop intimiste dont on a trop peu parlé, même aux Pays-Bas.
Le groupe amstellodamois a profité des 4 années pour potasser, et voyager. Ils ont pris le temps de s'amuser, faisant une BO pour une pièce de théâtre... Dont ils ont retenu 2 chansons « Hypnotized (Part I et Part II). Exit Guy Bours, batteur trop limité. Il a été remplacé par Robin Buijs, autrement connu sous le nom de Coparck, artiste solo intéressant. Tous leurs amis ont aidé. Un disque estampillé famille en fin de compte. Et c'est vrai que l'album est extrêmement agréable, et vous pourrez le recommander à vos grands-parents sans qu'ils soient agressés par le son (mais peut-être par les paroles en Anglais). 

 Lui c'est Zlatan, et toi t'es qui putain?

Unicorn Loves Deer est habité par une réelle âme, une réelle atmosphère agréable. On sent que l'album a été composé sans pression, car ART (joli raccourci) a pris le temps de fignoler les détails. Un pote passe le temps de quelques jours? Ok, on lui fait faire les coeurs. On entend ici et là du banjo, un petit piano, du marimba, du vibraphone. L'album accueille chaleureusement, comme un dimanche matin où on descend avec ses charentaises, et où on découvre que le petit-déjeuner a été fait, et la cheminée allumée. Oui, je vous l'accorde, la comparaison est douteuse. Il y a des morceaux supérieurs à d'autres, sans que l'écoute en soit hachée.  Apples  met en bouche pour la suite.  Lindyhop aurait pu être un tube sans ses magnifiques dissonances, et son rythme définitivement pas assez FM. Mais quel pont en plein milieu de la chanson! Unicorn Loves Deer est l'exemple parfait d'une chanson d'ATR. Du changement de rythme, des choeurs, des instruments un peu partout, et une sacrée écriture (sur du papier à musique, pas des paroles).

Un bon 8,5/10. Un album qui va rafler toutes les Victoires de la Musique aux Pays-Bas a priori. L'attente valait le coup!

C'est ici pour la critique de Black Cat John Brown

jeudi 16 juin 2011

Fleet Foxes - Bataclan (2011)

On leur a fait l'histoire du con qui dit non. Great success.

Fleet Foxes est devenu en quelques années une des sensations de la planète indie. On a entendu tant de bêtises à leur sujet pour qualifier leur musique... La meilleure reste "pop pastorale". En effet, les journalistes paresseux avaient tôt fait de se dire que les harmonies que font Fleet Foxes, ça rappelle les Beach Boys. Beach Boys = Musique pop. La pochette du premier album était une peinture de Brueghel, peintre flamand du Moyen-Âge. Moyen-âge = pastoral. Logique non?
Ne pas s'arrêter à ce que les journalistes disent. Fleet Foxes est grand, et l'a confirmé en live le 30 mai 2011. Après avoir démoli tout ce que 2008 comptait de concurrence, 2011 est venue confirmer que Fleet Foxes n'est pas un miracle d'un album, mais bien un véritable groupe passionnant, varié, rythmé, et dont le son live se rapproche de plus en plus de celui d'Arcade Fire...
La Cigale avait accueilli en 2008 ces 4 Américains issus de la ville du grunge (Seattle), signés sur le label qui restera toujours associé au grunge (Sub Pop). Fringués comme des grunge, leurs voix s'entremêlaient, et créaient des harmonies incomparables. La Cigale chavirait de plaisir. Elle avait consacré ses nouveaux champions, ceux du nu-folk (2nd terme aberrant).


Pour 2011, Fleet Foxes avait vu grand. Un album, "Helplesness Blues", grandiose, et un timing parfait (quelques semaines, le temps que tout le monde connaisse toutes les nouvelles chansons). Le Bataclan, salle comparable à la Cigale, mais plus grande, était prêt.

Elle n'avait pas prévue Josh T Pearson, l'homme à la barbe interminable venu ouvrir en 1ère partie. Une diction comparable à la rencontre d'un chamallow et d'un chewing-gum, et un dynamisme comparable auront eu raison de cet artiste qui a été bien trop mis en valeur ces derniers temps (la presse qualifie son disque d'un des nouveaux grands classiques). Après avoir bien baillé, il fallait se rendre à l'évidence: Paris, donc Le Monde, attendait ses héros.

Ils apparurent, renforcés pour l'occasion par un multi-instrumentaliste qui a apporté cette différence bienvenue au son des Fleet Foxes.
Les morceaux s'enchainent, avec un rythme soutenu, et l'on se rend compte que beaucoup de ces chansons que l'on fredonne avec Robin Pecknold, chanteur à la voix angélique, ont marqués notre mémoire au cours de ces dernières années. Une rythmique martiale, un son plus âpre, une plus grande diversité dans les instruments ont fait gagner à Fleet Foxes une épaisseur qu'on ne leur aurait pas soupçonné. Après tout, ils auraient pu nous reservir le même plat et le même line-up, comme Vampire Weekend. Mais Fleet Foxes garde toujours une bonne secrète, un fond de commerce qu'ils pourront exploiter infiniment: leurs harmonies belles à pleurer, même live. Quel bonheur de les écouter, de les voir...

En sortant, le monde est plus léger, la pression est retombée (pas celle des bières), et tout le monde (bobos et gens normaux) peut se rendre au bar en se disant qu'ils ont vu live un des grands moments de 2011. Merci aux Fleet Foxes pour cette soirée égale à eux-mêmes: généreux, fin, intelligent, et diablement agréable.